La loi sur l’immigration tient-elle compte des besoins du milieu communautaire québécois?

Dans un contexte de vieillissement de la population et de pénurie de main-d’œuvre, c’est l’ensemble du marché du travail au Québec qui va être affecté par les nouvelles mesures. Avec un taux de chômage de 4,5 % en juin 2019, on peut facilement imaginer que ce sont tous les domaines de l’emploi qui vont souffrir de cette réforme. 

Cela dit, la TNCDC est particulièrement préoccupée, par l’absence de considération du ministre, pour les besoins en main-d’œuvre du milieu communautaire. Nous voyons déjà des conséquences, comme des groupes de base qui doivent réduire leurs heures d’ouverture ou pire encore, fermer un service destiné à une tranche de la population la plus vulnérable, faute de ressources humaines.

Or, on apprenait récemment que l’admissibilité au programme de l’expérience québécoise (PEQ) serait dorénavant restreinte aux travailleurs temporaires et étudiants étrangers formés dans certains domaines. En épluchant cette liste, force est de constater qu’aucun programme de formation en science humaine et sociale ou politique n’est admissible, domaines d’où proviennent la majorité des travailleurs de l’action communautaire. Ces restrictions vont donc priver le milieu communautaire, d’une main-d’œuvre outillée, qualifiée, formée au Québec et sensible aux valeurs de justice sociale, qui fait cruellement défaut à l’heure actuelle.

Par ailleurs, nous sommes également inquiets du traitement des êtres humains « cachés » derrière leur profil socio-économique. Que fait-on de ces personnes, qui avaient décidé de bâtir leur vie au Québec nonobstant les besoins criants du marché du travail?

C’est à se demander si le ministre de l’Immigration a une réelle une vision d’avenir pour le Québec, et s’il a saisi l’ampleur de la situation.

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