L’école et l’exclusion sociale : un déjeuner-causerie émouvant

Paru le 11 février 2013
ExclusionUn déjeuner-causerie sur l’école et l’exclusion sociale organisé par la Corporation de développement communautaire de Longueuil (CDC Longueuil) a donné lieu à des échanges émouvants. Dès l’entrée de jeu, la conférencière Martine Dupont,  de la Boîte à Lettres (BAL), un organisme d’action communautaire qui intervient en alphabétisation depuis 30 ans, a présenté une vidéo réalisée par des jeunes qui ont connu les classes spéciales et qui en avaient gros sur le cœur.

S’adressant à la ministre de l’Éducation de l’époque, Michelle Courchesne, ces jeunes ont dénoncé les classes spéciales génératrices de décrocheurs. Visiblement traumatisés par leur passage dans les classes spéciales, ils y racontent leur vécu à l’école: se faire crier des «noms», une pseudoformation qui ne débouche sur rien, terminer sans diplôme en poche, en fin de compte, plus de monde sur l’aide sociale. «Les classes spéciales m’ont démolie», y déclare une des jeunes apprenantes de la Boîte à lettres.

Martine Dupont a rappelé que les classes spéciales accueillent les jeunes étiquetés EHDAA (élèves handicapés, en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation). Beaucoup de jeunes qui s’y retrouvent sont issus de familles défavorisées, de parents sous-scolarisés ou analphabètes. De son côté, la BAL reçoit des jeunes issus de ces classes qui ne savent pas lire ou écrire ou peuvent lire des mots simples et écrire des textes simples, et ce au terme de leur parcours au secondaire. Un enfant sur quatre est diagnostiqué EHDAA, a-t-elle précisé, et souvent à la suite d’un seul entretien avec un psychologue.

«Parmi les jeunes que nous recevons, il y en a qui ne connaissent pas les jours de la semaine, ni l’heure», a-t-elle ajouté. La BAL redonne de l’estime de soi à ces jeunes par le biais de l’autobiographie. Plusieurs apprennent à écrire et à lire, puis trouvent un emploi.

Parmi les personnes venues assister au déjeuner-causerie,  une mère de famille monoparentale, qui ne sait plus comment encourager son enfant EHDAA à poursuivre l’école, a lancé un cri du cœur.

«Il faut briser le cycle de l’analphabétisme par l’inclusion de ces jeunes dans les classes régulières. Les anglophones du Québec les incluent dans les classes régulières, de même que les écoles du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et du Manitoba», explique madame Dupont.

«Les étiquettes se doivent d’aider les enfants, alors qu’actuellement elles les amènent vers le bas, au moment où l’enfant est en train de se construire. Lorsqu’on est étiqueté, on ne s’en débarrasse plus : cela débouche sur l’aide sociale, le chômage. La personne se sent mal et en colère», a-t-elle indiqué.

«Autrefois, a-t-elle précisé, les analphabètes pouvaient fonctionner dans la société. Il y en avait beaucoup, ils s’étaient construits autrement. Ces jeunes se sont construits à l’école où ils ont développé une faible estime de soi, ils n’ont plus confiance en eux», a-t-elle mentionné.

«Dans les classes spéciales, on isole le jeune pendant des années, et après on veut qu’il fasse partie de la société plus tard», a dénoncé madame Dupont. Elle a terminé en posant une question : les jeunes ont-ils un problème ou est-ce l’école qui n’est pas adaptée ?
Dernière modification à cet article le 11 février 2013 13:45:50

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