Augmentation du salaire minimum : Sortir les personnes de la pauvreté et soutenir l’action communautaire autonome pour le faire

Trois-Rivières, 27 octobre – Depuis quelques jours, un débat est lancé dans l’espace public entourant l’augmentation du salaire minimum à hauteur de 20 dollars de l’heure. Comme réseau national qui regroupe plus de 2500 organismes communautaires et joue un rôle incontournable dans l’amélioration des conditions de vie des communautés, la Table nationale des corporations de développement communautaire (TNCDC) a toujours été en faveur d’une augmentation du salaire minimum. Cela dit, cette revendication s’est toujours accompagnée d’un plaidoyer pour le rehaussement du financement à la mission des organismes communautaires. Pour nous, l’un ne va pas sans l’autre, car il est essentiel que les organismes puissent compter sur des leviers financiers afin de maintenir des conditions salariales à la hauteur de la dignité et du professionnalisme des personnes qui y travaillent.

C’est indéniable, avec le salaire minimum actuel de 13,50 $ de l’heure, même en travaillant 35 heures par semaine, il est toujours difficile de se loger, se nourrir, se déplacer et se vêtir convenablement. Cette précarité des travailleurs et travailleuses au bas de l’échelle est intolérable dans un pays comme le nôtre, d’autant plus que ces personnes – la crise sanitaire l’a mise en lumière – agissent dans les secteurs d’activité les plus essentiels au fonctionnement de notre société.

Or, le contexte de la rareté de la main-d’œuvre, dans toutes les régions et dans tous les secteurs d’emploi, entraine une pression à la hausse sur les salaires, notamment dans les milieux privés et publics. Si nous saluons ces démarches de part et d’autre, force est de constater que le milieu communautaire ne bénéficie pas de leviers financiers lui permettant d’ajuster adéquatement ses conditions salariales. En conséquence, le défi d’attirer de nouveaux professionnels et de retenir les expertises que nous avons formées devient un terrible casse-tête qui mène de plus en plus d’organismes à remettre en question certains services offerts à la population en raison d’un manque de personnel. L’heure est donc grave.

Dans ce débat tout à fait nécessaire entourant la question de l’augmentation du salaire minimum, il est essentiel de considérer également la capacité des organismes d’action communautaire autonome (ACA) à ajuster leurs conditions salariales. Depuis des années, ils font face à d’importants enjeux de sous-financement alors que l’on reconnait que leur action est incontournable pour maintenir le filet social au Québec. Au lendemain d’une mobilisation dans toute la province dans le cadre de la journée nationale de reconnaissance de l’action communautaire autonome, il est plus que jamais essentiel que le gouvernement reconnaisse et finance ce milieu à la hauteur de ses besoins. Les revendications sont claires : les 4000 organismes d’ACA ont besoin de 460 millions de dollars de plus par année pour financer adéquatement la réalisation de leur mission et leur permettre notamment d’améliorer leurs conditions salariales.

Il est inconcevable pour les organismes communautaires de maintenir leurs propres équipes de travail dans la précarité, alors qu’ils luttent quotidiennement pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens et citoyennes avec qui ils travaillent. L’action communautaire doit avoir les moyens d’offrir des conditions de travail à la hauteur de ce qu’elle réclame pour l’ensemble de la société québécoise, et ce, maintenant.

Sébastien Guernon, président, Table nationale des corporations de développement communautaire

Marie-Line Audet, directrice générale, Table nationale des corporations de développement communautaire

À propos

La TNCDC est un réseau national qui, par son expertise, ses actions et son assise locale, joue un rôle incontournable dans l’amélioration des conditions de vie des communautés et dans atteinte d’une plus grande justice sociale au Québec.

Regroupant 67 Corporations de développement communautaire (CDC) et rassemblant plus de 2 500 organismes communautaires partout sur le territoire québécois, le réseau et ses membres interviennent dans une multitude de domaines, principalement la lutte contre la pauvreté et l’Exclusion sociale, la santé, l’éducation, l’emploi, la défense des droits ainsi que le logement.

Les CDC sont des actrices incontournables en matière de développement social et communautaire dans leur milieu. Elles offrent des services directs aux organismes communautaires de leur territoire, en plus de développer des projets structurants à vocation sociale en partenariat avec ces organismes, les citoyennes et citoyens, ainsi que l’ensemble des acteurs du milieu.

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