un
réseau fort
de ses
communautés

Mon sapin est à boutte!

Probablement inspiré directement du mouvement Le communautaire à boutte qui exige du gouvernement la reconnaissance, le respect et le financement pour les organismes communautaires, mon sapin cette année est à boutte itou. À boutte de rester debout malgré la crise sociale sans précédent qui l’entoure.  Malgré ses frères qui gèlent dehors, toutes aiguilles au grand vent, sans l’ombre d’une décoration. Alors il penche dangereusement mon sapin, à la limite de la chute, mais je vous rassure quand même, il penche et continuera de pencher à gauche, du côté du cœur.…

Il porte toujours, mais un peu moins fièrement, ses vieilles boules et guirlandes aux allures défraichies, mais qui restent dignes, parce que baisser les bras, ou les boules dans ce cas-ci, ce n’est pas un choix quand on souhaite vivre dans une société juste et équitable.

Alors j’ai décidé de prendre la plume et d’écrire à notre papa Noël collectif pour tous ces sapins à boutte qui n’en finissent plus de pencher.

Père Noël, je fais appel à toi. Cette année je ne souhaite ni festin, ni cadeaux, mais un peu de magie. Père Noël, mon sapin est à boutte et mon Québec est malade. Il souffre d’austérité. Il souffre de pauvreté pour tant et tant de gens. Il souffre de nombrilisme, il souffre de moult décisions qui rendent les populations les plus vulnérables encore plus vulnérables, les malades encore plus malades, il souffre d’attaques répétées à la démocratie, il souffre de la maladie du manque d’espoir et là; mon sapin qui penche, il commence sérieusement à me contaminer et me faire courber l’échine à mon tour.

Loin d’être une maladie orpheline, c’est plutôt une sorte d’épidémie qui a atteint mon pays! On se croyait sorti de la pandémie et tu sais, le pire n’est pas la maladie en elle-même, mais la fuite de l’espoir. L’absence de solution à l’horizon.  Il est où le vaccin, il est où ?

Père Noël, la convalescence sera longue… Les effets secondaires puissants…

Noël peut-être le plus vicieux des amis lorsque tu es seul, malade ou simplement incapable de gâter ce petit bout de vie qui est le tien. Quand tu as faim, quand tu as froid. Quand le bonheur de Noël se calcule en sous et qu’il est compté plutôt que conté, il peut devenir le plus triste des cauchemars…

Mais si aujourd’hui nous posions ensemble cette première pierre, qui servirait à façonner un monde meilleur, plus équilibré, juste, équitable… Et si c’était possible… Et si nous devenions ce bâtisseur de changement, ce maçon du bonheur, cet ouvrier aux plus grands et plus nobles des chantiers… Et si ?

Mais nous, on se bat. Depuis des décennies, on se bat, avec des armées de sapins à boutte, on se bat. Mais pour se relever, ça prend TA volonté cher père Noël …

Alors encore une fois je me redresse et redresse mon sapin et je nous dis : on ne lâche rien !!

Qui sait, à Noël, tout peut arriver…